
Le rapport Vers une électricité moins chère, Ce rapport, produit par Positive Money, examine comment la transition énergétique remodèle les prix de l'électricité en Europe, en mettant l'accent sur le rôle des énergies renouvelables dans la réduction de la dépendance au gaz et la limitation de l'exposition aux marchés volatils de l'énergie.
D’après l’étude, l’Union européenne demeure fortement dépendante des importations d’énergies fossiles, ce qui la rend vulnérable aux fluctuations des prix et à l’instabilité géopolitique. Les crises récentes, notamment les répercussions de la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, ont mis en évidence cette faiblesse, entraînant une forte hausse des prix du gaz et de l’électricité, tout en alimentant l’inflation et en fragilisant la compétitivité industrielle.
Le rapport note que les prix de l'électricité en Europe ont fortement augmenté par rapport à ceux des autres grandes économies, notamment aux États-Unis, en particulier pour les industries énergivores.
Bien que les prix du gaz naturel exercent encore une influence significative sur les marchés de l'électricité, leur rôle dans la formation des prix s'est affaibli dans plusieurs pays ces dernières années. L'Espagne en est un exemple frappant. En 2018, les prix de gros de l'électricité étaient étroitement corrélés à ceux du gaz, mais en 2025, cette corrélation s'était considérablement affaiblie, les prix de gros passant fréquemment en dessous des niveaux induits par le coût du gaz. Le rapport attribue cette évolution à l'essor rapide des énergies renouvelables. À l'inverse, l'Italie reste fortement dépendante du gaz, qui demeure la principale référence pour la fixation des prix de gros de l'électricité.
Globalement, l'étude estime qu'entre 2023 et 2025, le développement des énergies renouvelables a permis de réduire les prix de gros de l'électricité de 24,21 Tb/s en moyenne dans les pays analysés, même si l'impact a varié considérablement d'un marché à l'autre. L'Espagne et le Portugal, par exemple, sont aujourd'hui 531 Tb/s de moins exposés aux fluctuations du prix du gaz qu'il y a trois ans.
Le rapport identifie deux mécanismes principaux par lesquels les énergies renouvelables font baisser les prix de l'électricité. Premièrement, la production d'énergie renouvelable se substitue aux centrales à combustibles fossiles, plus coûteuses, au sein du système de tarification marginale européen, réduisant ainsi le coût de l'unité marginale qui détermine le prix du marché. Deuxièmement, lorsque la production d'énergie renouvelable couvre une part suffisamment importante de la demande, elle peut, à elle seule, fixer le prix du marché grâce à ses coûts variables quasi nuls. Selon l'étude, cet effet s'accentue avec l'augmentation de la part des énergies renouvelables, notamment dans les systèmes moins dépendants du gaz ou intégrant une part importante de technologies à bas coût telles que le nucléaire et l'hydroélectricité.
Le rapport souligne toutefois que le gaz demeure un élément central du mécanisme de fixation des prix de l'électricité en Europe, même dans les pays où il ne représente qu'une part relativement faible de la production d'électricité. Le découplage des prix de l'électricité et du gaz reste donc incomplet sur de nombreux marchés européens, notamment en raison du haut degré d'interconnexion des réseaux électriques nationaux.
Les auteurs affirment également que le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables doit s'accompagner d'une plus grande flexibilité du système. L'Espagne est identifiée comme l'un des marchés connaissant les plus fortes fluctuations de prix intrajournalières à mesure que la part des énergies renouvelables augmente, créant ainsi des conditions favorables au stockage par batteries et à d'autres technologies de flexibilité. Le rapport conclut que des prix extrêmement bas en milieu de journée, associés à des prix de pointe plus élevés en soirée, génèrent des incitations économiques de plus en plus fortes à investir dans le stockage d'énergie.